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“Soyez FrancaisEs!” Euh, hein ?

24 février 2010
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“Soyez FrancaisEs!” C’était le mot d’ordre du Flashmob qui a eu lieu samedi à Berlin sur la Potsdamer Platz (en pleine Berlinale) pour protester contre le débat français sur l’identité nationale.

Vidéo : Thomas Bartels

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Demandez le pin’s “Gays against Guido !”

21 février 2010
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Vous vous croyez où ici ? Au pays de Candy ? Exit les discriminations, les portes sont maintenant grandes ouvertes à tout le monde et l’exclusion n’existe plus ? Que nenni.

Même si en Allemagne une femme originaire de RDA est chancelière, que le ministre des affaires étrangères est gay, et que Berlin et Hambourg ont un maire homo. Même si en Islande la Première ministre est lesbienne, et qu’aux USA une personne ouvertement transgenre siège au ministère du Commerce et qu’un Noir est Président…

N’oublions pas qu’il s’agit-là de cas isolés. En réalité, les stéréotypes racistes, sexistes ou homophobes ainsi que les inégalités structurelles n’ont pas disparu du quotidien. Ils deviennent juste invisibles. Et quand on les pointe du doigt, on passe pour une personne bornée idéologiquement et dogmatique. Pour rester poli.

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C’est ce que l’anthropologue culturel allemand Matthias Mergl appelle le Neo-Individualliberalismus.

La base du „néo-libéralisme individuel“ est la conviction que notre société occidentale a enfin réussi à réaliser les utopies d’émancipation de la vieille gauche alternative, en bref, que tout va bien dans le meilleur des mondes. Or, ce n’est pas parce qu’une femme occupe  une haute fonction politique que le sexisme a disparu, etc. Et ce n’est pas parce que le ministre des affaires étrangères, Guido Westerwelle (du FDP, parti libéral), est gay qu’il est forcèment très malin. C’est ce que rappelle l’artiste allemand Wolfgang Müller avec sa campagne :  Gays against Guido.

 

Photo : H.H Kotte

Photo : H.H Kotte

 

Ce n’est pas un gag. L’initiative GAG, Gay against Guido, est née en réaction à la déclaration de Guido Westerwelle comparant les allocations attribuées aux chômeurs de longue durée à “la décadence de Rome”. Wolfgang Müller rappelle que „le mouvement LGBT a lutté pendant des décennies contre le raccourci homosexualité = décadence. A cause de cette soi-disant ‘décadence’ Oscar Wilde a même été jeté en prison. A présent, “nous” avons un ministre des affaires étrangères gay qui accuse de décadence ceux qui ont justement besoin de la solidarité de la société, c’est-à-dire les chômeurs et les RMIstes. C’est complètement crétin!“

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Berlinale DIY – Appel à contribution

16 février 2010
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Le Schwarzer Kanal existe depuis vingt ans. C’est un squat de Femmes-Lesbiennes-Trans vivant dans des caravanes situées en plein poumon de Berlin, sur les rives du fleuve Spree. Or sur fond de briques rouges d’une ancienne savonnerie, les 36 caravanes vont bientôt devoir déménager. Car le terrain a été racheté par un groupe de Bâtiment-Travaux-Publics. Mais grâce aux négociations bien menées avec les autorités berlinoises, le Schwarzer Kanal a recu un nouvel emplacement. Et pas au fin fond de la campagne du Brandebourg, non, à quelques kilomètres de son emplacement actuel.

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Et non, ce n’est pas le scénario d’un film en compétition à la Berlinale (qui se termine dimanche). Ce presque squat existe bel et bien. Depuis 2007 un festival de films Queer DIY y a même lieu. Pour ceux et celles qui ne savent pas, DIY ca veut dire “Do It Yourself”. Cette année, le festival Entzaubert  se déroulera du 24 au 27 juin. 

Selon les organisateurs/trices, le but est de créer un espace pour le cinéma queer/féministe et de présenter des films qui ne seraient pas montrés dans des festivals grand public et commerciaux.

“Nous pensons qu’être queer c’est vivre d’une manière politique qui défie les genres et les structures de pouvoir.”

“Nous pensons que jouer avec la normalité des genres, abolir les frontières et se battre pour les droits des travailleurs font partie d’un même combat.”

“Le système capitaliste est basé sur les inégalités sociales, donc  se battre contre le capitalisme est inhérent au combat contre la transphobie, l’homophobie, et le sexisme tout comme le racisme, le fascisme et le militarisme.”

Entzaubert est non-commercial, l’entrée à toutes les séances est libre. Un petit don est toujours apprécié. 

Le festival soutient l’initiative copyleft (licences libres) et creative commons (contrats-type pour la mise à disposition d’œuvres en ligne inspirés par les licences libres)

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Vos films arty, punk, no borders, anarchique, docu, porno, trash, expérimental, féministe, marrant, fou/folle, sérieux, petit budget et sans budget, musical, de qualité, concis, international, homo-socialos, homo, non-blanc(he), révolutionnaire, polyamoreux, monogame, fainéant, trannygouine, pédé, vieux, inédit, provocateur, dur, chaud… sont les bienvenus. Ils n’ont même pas besoin d’être tout ca à la fois, un seul critère suffit. 

Vous pouvez télécharger le formulaire ici:

http://entzaubert.blogsport.de/callout-2010/

Date limite : 24 avril 2010

De plus, pendant toute la durée du festival des ateliers seront organisés. Par exemple le tournage, le montage, la caméra, la réalisation, le sous-titrage, l’écriture, les costumes, le maquillage, le jeu d’acteur, la lumière ou le son… Vous pouvez aider à les préparer, à les animer, prêter du matériel, ou encore y participer… 

DIY, quoi.

 

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Crédit Photos: James Velo

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Le méchant black bloc avec un soutif sur le pif

12 janvier 2010

Berlin est une des seules villes au monde à n’avoir que deux points cardinaux. Comme Jérusalem. Ici le Nord et le Sud n’existent pas. “Tu viens de l’Est ou de l’Ouest ?“ voilà ce qu’on demande aux Berlinois de souche de plus de 20 ans.

Résultat, pendant la guerre froide il y avait tout en double. Un opéra national à Berlin-Est et un à Berlin-Ouest, pareil pour les universités, ici il y a même deux fleuves… donc à Berlin, évidemment, il y a deux gay-prides: la CSD (Christopher Street Day – aussi appelée „la grande CSD“ ou „la CSD commerciale“) et la „Transgenialer CSD“ (ou “tCSD”, „CSD de Kreuzberg“ ou encore „CSD alternative“).

Flyer 2009

Flyer 2009

En réalité, les deux gay pride ont peu à voir avec les rivalité Est-Ouest.

En 1997 les organisateurs de la grande CSD ont décidé de lever une taxe sur les chars désireux de participer à la parade. Dorénavant pour être fier d’être transpédégouine, il suffisait de payer. Excluant de facto les petits collectifs désargentés, et ouvrant la marche à des fournisseurs de téléphone et des compagnies aériennes surtout fières de faire leur pub .

Donc en 1998 naissait la CSD transgeniale. Contre la commercialisation. Contre la politique de droite ou de centre libéré ou de fausse gauche. Contre l’assignation de genre. Contre la gentrification de Berlin. Contre les déportations de demandeurs d’asile. Contre les mariages forcés.  Contre la binarité…

D’ailleurs en 2007 le slogan était “Dix ans contre”.

C’est dans les rangs de la CSD transgeniale qu’on trouve les gentils punks et les pinxxs radicaux et les créatifs squatteurs et les méchants black blocs… En 2007 un_e de ces vilain_es a été arrêté_e par les flics parce qu’ille portait un soutien-gorge sur le pif. Il faut dire qu’en Allemagne la loi interdit de se couvrir le visage pendant les manifestations. La peur du terrorisme n’est jamais bien loin. 

Samedi a eu lieu une soirée de soutien pour récolter des fonds pour la CSD transgéniale 2010. Comme d’habitude, la salle était bondée. 400 personnes peut-être?  J’ai toujours du mal avec les quantités.

Et puis comme d’habitude il y avait un show. Entre autre, la magnifique performeuse américaine Mad Kate basée à Berlin.

Mad Kate

Mad Kate

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Mon réveillon avec les CRS

1 janvier 2010
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Une boule de neige s’écrase mollement sur le casque du CRS allemand. Suivie par d’autres, touchant dans le désordre la cinquantaine de flics postés devant les murs de la prison de Moabit dans le quartier Nord de Berlin. Ici, pas de pavés ou de caillous, l’hiver nous offre de merveilleuses munitions. Les manifestants scandent : „On est tous pri-so-nniers ! Vive les pri-so-nniers !“  Un CRS vient gentiment nous dire qu’il faut qu’on arrête de lancer des boules de neige. Que sinon la manif va être dissoute. De toutes façons c’est dur de bien viser, moi mes boules se désintègrent en poudre blanche avant de toucher les uniformes kakis - entre les fusées qui fusent et les pétard qui pètent et les feux d’artifices qui font un arc de cercle pour pénétrer dans l’enceinte de la maison d’arrêt, faut dire que c’est pas pratique.

Manif Silvester zum Knast – Cliquer ici

Ça fait plus de vingt ans qu’a lieu à Berlin cette manifestation du réveillon. Le mot d’ordre : détruire toutes les formes d’emprisonnement. Ce soir la solidarité s’adresse en particulier aux prisonniers politiques. Pendant qu’un membre du black block (ou apparenté) boit une soupe aux légumes en se réchauffant les mains contre son gobelet en plastique, la musique punk crachée par la camionnette des organisateurs monte dans la nuit rose de neige. Puis le collectif de hip hop anarcho stéphanois Mary Read prend le micro. Un manifestant exulte : “C’est trop cool d’apprendre à dire Schweinebullen* en français !“.

 

Collectif Mary Read

Collectif Mary Read

Chez de nombreux Allemands, l’image romantique de la France a été remplacée par l’idée d’un Hexagone rebelle et contestataire. Je n’ose pas les décevoir. Qu’ils sachent pourtant qu’il y a plus de contestation et d’opposition et d’initiatives de gauche radicales et queer et transgenres et de collectifs et de projets artistiques et anarchistes et politiques et de renversement de l’ordre établi à Berlin qu’à Paris. Alors, bordel, qu’ils arrêtent d’idéaliser la France !

En cette Saint Sylvestre, on est environ 250 à protester (entre autre) contre l’emprisonnement de trois jeunes punks arrêtés en juin 2007 pour avoir riposté avec des pierres contre l’Unité spéciale de la police bavaroise qui évacuait par surprise leur squat munichois. Lukas, Steffi et Sven ont été condamnés à cinq ans de prison pour tentative de meurtre. Mais ici et ailleurs la liste est longue, de Mumia à Aung San Suu Kyi en passant par celles et ceux qui végètent en prison victimes d’un système raciste, classiste, patriarcal, capitaliste, sexiste, homophobe et transphobe.

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Les CRS allemands nous poussent un peu. Une légère excitation parcourt la foule. Mais rien ne déborde, rien n’éclate, tout se transforme. Il est 00h45. La manif est terminée. La camionnette des organisateurs s’éloigne, les manifestants se dispersent sans faire d’histoires et les flics, pareil.

 

* Schweinebullen = Sales flics

 

Crédit photos : Kay

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Le point ou la surface G ? Part 1

2 décembre 2009
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Il a quinze jours, Deborah Sundahl, la spécialiste du point G et de l’éjaculation féminine, est venue faire une conférence à Berlin. D’abord, si vous vous demandez pourquoi le point G s’appelle comme ça : c’est l’initiale de Gräfenberg, le médecin allemand qui l’a découvert au milieu du 20e siècle. Ensuite, si vous savez lire, je vous conseille l’excellent guide de Deborah sur le sujet paru aux éditions Tabou. Bref. La salle était bondée. Environ 150 personnes, ou 12 000, moi franchement je n’ai jamais su estimer les quantités, avaient pris place. L’impatience était grande pour écouter la co-éditrice du premier magazine porno lesbien On Our Backs nous livrer ses secrets.

 

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Et bien de lesbiennes, il fut peu question. Pour le coup ça mérite bien un passé simple.

Tout d’abord, Deborah tenait à assurer le public – composé en grande majorité d’hétéros, mais il ne faut présumer de rien – de l’existence du point G. Selon elle, on pouvait même le voir à l’oeil nu. Présentation Power Point à l’appui, elle nous l’a prouvé. Entre deux petites et deux grandes lèvres bien écartées et en poussant grâce aux muscles PC, là, du vagin pointait comme le dessus d’une noix plissé : le point G. Ou comme les Allemands disent : la surface G. Et ils ont bien raison, les Teutons, le point G n’est pas un point du tout, c’est plus un cercle de la taille d’une pièce de deux francs. Oui, je sais, on dit “euros” mais j’avais la nostalgie. Et en fait, le point G n’est même pas plat, c’est plutôt comme une petite boule. Enfin vous voyez quoi. Sur l’immense photo projetée sur l’écran, on découvrait le point G d’Elena du Nevada qui selon Deborah était très heureuse de montrer son vagin à Berlin et qui l’avait chargée de nous passer le bonjour.

Le public était ravi.

 

(Photos: Enno Peter)

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Le point ou la surface G ? Part 2

2 décembre 2009
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Une de mes copines a un “problème”. Elle éjacule trop. Alors vous pensez, elle voulait profiter de la conférence de Deborah Sundahl sur l’éjaculation féminine pour savoir s’il était possible de contrôler le flux. Par exemple stopper tout quand elle baise dans le lit d’une pote, ou pour éviter de ruiner ses draps. Parce qu’elle en a marre de faire la lessive tous les jours, et que les draps en latex, c’est sexy mais pas toujours. Et si c’était possible, comment. Deborah a répondu “Oui”. Comment, c’est resté un secret.

 

Deborah Sundahl (à droite) avec son interprèteDeborah Sundahl (à droite) avec son interprète. Photo : Enno Peter

 

Ensuite, Deborah Sundahl nous a appris que le point ou la “surface” G est sensible comme une pétale de rose. Donc il faut la toucher très doucement de peur de la voir se flétrir entre nos doigts. Un homme qui tenait sa copine par la main a demandé : “On sait que pour amener une femme à l’orgasme il faut de l’amour, de la tendresse, de l’attention, de la confiance, et un peu d’érotisme. Mais la gente féminine a-t-elle besoin d’autre chose?“

Deborah lui a conseillé d’apprendre le tango.

 

Si mes calculs sont bons, il y avait cinq personnes queer dans le public. L’une d’elles – avec de beaux tatouages sur le bras – a pris la parole pour dire qu’elle trouvait ça honteux qu’on donne depuis deux heures l’impression que la sexualité féminine se résumait à la douceur, la tendresse, l’amour… Elle a dit : “It’s a shame”, ce qui signifie aussi “Quel dommage” mais dans ce cas je préfère la première variante. Elle tenait à dire que certaines femmes „really love to fuck hard and to be fucked hard as well“. Applaudissement dans la salle.

 

Enfin, Deborah, en bonne technicienne de surface, tenait à nous rassurer. Même si l’éjaculat féminin sort bien par le méat urinaire, ce n’est pas de l’urine. Après tout, c’est comme les mecs qui pissent et éjaculent par le même trou, or le sperme et l’urine sont deux choses distinctes je crois. Donc, a insisté Deborah, les femmes ne doivent pas avoir peur d’éjaculer. De toute façon en baisant on ne peut pas pisser. C’est pas possible. C’est un peu comme avoir un fou-rire au moment de l’orgasme. On peut rire avant, pendant et après le sexe, mais pas juste au moment de jouir. Il y a des choses incompatibles.

Donc sortez vos cahiers. Devoirs à la maison : Trouvez deux choses incompatibles et écrivez-les moi. Les meilleures recevront un cadeau surprise.

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